19.12.2007

Nice-Premium interview Philippe vardon

Nice-Premium : Le tribunal accuse les Jeunesses Identitaires d’être issus du groupe d’extrême droite Unité Radicale. Cette organisation politique avait été dissoute, quand l’un de ses membres, Maxime Brunerie, avait tenté d’assassiner Jacques Chirac, le 14 juillet 2002. Continuez vous à nier cette accusation ?

PV : Bien entendu ! Aucun des membres du premier bureau des JI (lors du dépôt de l’association en 2002) n’avait exercé de responsabilités au sein d’Unité Radicale. Aucun des dirigeants actuels des JI n’a un jour été lié en quoi que ce soit à Unité Radicale. Les JI ne partagent pas la ligne politique qui était la sienne. Il est grotesque de vouloir affilier les Jeunesses Identitaires à un groupuscule nationaliste dont tout le monde ou presque ignorait l’existence jusqu’au coup de folie de Maxime Brunerie. Je rappellerai tout de même à titre d’exemple qu’Alain Krivine a été le patron de deux mouvements dissous dans les années 60-70 (les Jeunesses Communistes Révolutionnaires et la Ligue Communiste) avant de créer la Ligue Communiste Révolutionnaire. Messieurs Krivine et Besancenot n’ont pas été poursuivis pour reconstitution de ligue dissoute...

NP : Vous allez donc faire appel du jugement rendu lundi ?

 

PV : Ce ne sont pas des juges qui vont nous convaincre de ce que nous savons être faux. Nous avons bien sûr fait appel dès ce matin (ndlr : mardi 18 décembre 2007) de toutes les décisions rendues.

 

 

NP : La justice réclame 20 000 euros d’amende. A la suite du procès, vous avez lancé un appel aux dons. Les Jeunesses Identitaires ne peuvent donc pas s’acquitter de leur amende ?

Philippe Vardon : Nous lançons un appel aux dons pour nous aider à couvrir nos importants frais de justice (avocats, déplacements), pas pour payer nos amendes, c’est interdit. Avons nous un plan de secours si les dons ne sont pas suffisants ? Une fois que j’aurais vendu les quelques breloques que je possède je pourrais éventuellement envisager les braquages de banque, le trafic de drogue ou la prostitution organisée. J’aurais certainement moins de risques d’être poursuivi ou condamné par la justice républicaine qu’en faisant simplement usage de mes libertés politiques comme c’est le cas aujourd’hui !

NP : Votre passage en justice change-t-il vos ambitions pour les municipales en tant que candidat du mouvement Nissa Rebela ?

PV : Ces poursuites visent les Jeunesses Identitaires. Ma candidature aux élections municipales et l’existence du mouvement Nissa Rebela ne sont donc pas menacées par ces condamnations. Au contraire, ces poursuites incessantes et ce véritable lynchage ne font que renforcer notre détermination. Et cela nous amène chaque jour de nouveaux soutiens. Le 10 janvier je presenterais la liste " N.I.S.S.A. !" (Nice Identité Sécurité Solidarité Action) que je ménerai lors des élections municipales. Pendant cette réunion, nous évoquerons les trois mesures phares de notre projet : un referendum consultatif local sur la question de la mosquée, la création de postes d’enseignants de langue et culture nissarde dans les écoles primaires, et la réorganisation et la réaffectation de la Police Municipale à travers la création de commissariats de quartier.

10.07.2007

Dragan Spasojevic (Mitrovica-Kosovo) répond à Arnaud Borella

Interview de Dragan Spasojevic

Dragan Spasojevic est adjoint au maire de la commune de Kosovska Mitrovica au Kosovo. Cette ville est tristement célèbre pour ses nombreux affrontements entre communautés Serbe et Albanaise. Dragan a bien voulu répondre à mes questions sur la situation au Kosovo. L’interview a été réalisée au Kosovo le 15 juin 2007.

Bonjour Dragan Spasojevic, peux-tu nous retracer l’évolution de la situation de Mitrovica de 1999 à aujourd’hui ?

En 1999, la situation au Kosovo est très mauvaise pour les Serbes. Le peuple serbe est montré comme un peuple qui souhaite exterminer ses voisins, la diabolisation est extrême. Cette caricature montre les Serbes comme des animaux qu’il faut décapiter. L’arrivée de l’ONU en 99 met fin à l’agression de l’OTAN contre les Serbes : Serbes et OTAN signent un accord de « paix » à Cumano. Dans ce traité, l’élément le plus important est qu’il n’y a pas de zone sans protection de la part de la KFOR ou de l’armée serbe (qui est forcée de remonter en Serbie). Mais dans la pratique, la KFOR est venue très lentement et l’armée Serbe avait un temps limite pour quitter le Kosovo. Durant ce laps de temps, nous avons eu un grand territoire dans lequel les Serbes ne pouvaient avoir une garantie de protection. Sur ce, les groupes criminels albanais terroristes attaquent les Serbes sur ce territoire et tuent, kidnappent de nombreux Serbes. Beaucoup de maisons et de zones où vivaient des Serbes, ont été brûlées ou détruites.
A d’autres endroits, les propriétés serbes ont été “saisies” et occupées, habitées par les Albanais. Toutes ces attaques terroristes ont été stoppées sur le pont de Mitrovica. Parce que le peuple Serbe était organisé et préparé à se défendre contre ces groupes terroristes. Ce groupe de Serbes organisés, issus du peuple, a été populairement appelés “les gardiens du Pont” par la KFOR et la MINUK. Ces gens organisés ont stoppé les agressions des terroristes de l’UCK qui voulaient venir dans la partie nord de la ville pour l’occuper et tuer les Serbes qui y vivaient avec les nombreux réfugiés de tout le Kosovo venus demander de l’aide. Au début les combats se sont déroulés sur le pont, ensuite l’UCK a essayé de passer dans cette partie de la ville par tous les côtés (Ndt : rivière, quartier de la petite Bosnie…etc), mais à ce moment là, une unité française de la KFOR est intervenue sur le pont pour arrêter le gros des combats et à cette date le pont a commencé à devenir le symbole du blocage des attaques terroristes contres le peuple serbe. La même situation s’est passée aussi dans certaines zones ou la KFOR fut efficace comme à Gracanica, Pomoravlje, Brazovica, Gorazdevac.

Mitrovica, puisque tu m’interrogeais sur cette ville, est une place qui polarise toutes les spéculations politiques parce que c’est la seule ville du Kosovo entourée d’Albanais mais peuplée de Serbes (les autres enclaves sont des villages). Les extrémistes albanais veulent par tous les moyens défaire le nord de Mitrovica. Ainsi, nous avons une interview du commandant de l’UCK Hasim Taci, qui promet à plusieurs reprises : « ce mois ci, ou cette semaine, nous boirons un café à Svecan » (Ndt : Svecan est une petite ville serbe à 2Km au nord de Mitrovica). De juillet 99 jusqu’à mars 2000 nous avons subi beaucoup de tentatives d’attaques de la part des Albanais qui essayaient d’occuper la partie nord. Il y a eu plusieurs types d’attaques. L’agression peut commencer avec des civils qui veulent combattre sans arme, ou avec des pierres. Après cela, commencent les attaques terroristes. Nous avons eu de nombreuses bombes ou explosifs placés dans des cafés, des bars ou des tirs de mortiers et d’autres armes sur la route Mitrovica-Svecan. Mais ils n’ont rien obtenu en agissant ainsi. Les Albanais ont donc entrepris une bataille politique contre Mitrovica nord et le Kosovo. Ce combat politique n’a cependant pas empêché les manifestations ou les attaques terroristes, comme ce fut le cas le 17 mars 2004. A cette date, ceux qui partout dans le monde voulaient savoir ce que sont réellement les Albanais ont pu le voir. Les groupes terroristes albanais avec les services américains ont préparé une propagande selon laquelle 3 enfants albanais auraient été tués par des Serbes dans le village albanais de Muhazele, à proximité de Zubin Potok (Ndt : village serbe à 25 min de Mitrovica). C’est pour cela que 200 000 ou 300 000 Albanais ont attaqués les places serbes dans tout le Kosovo, essayant de brûler les maisons et de tuer les Serbes qui y demeuraient. Les Serbes ont eu 54 personnes tuées dans tout le Kosovo et plus de 200 blessés. A Mitrovica nord nous avons eu 2 morts serbes, une femme enceinte à son balcon, et mon père, Boro Spasojevic. Cette femme enceinte a été « shootée » par une arme automatique et mon père assassiné par un sniper. Nous avons eu également 37 personnes blessées par balles. Quand les émeutes se sont terminées, « quelqu’un » de la MINUK avoua que les Serbes n’étaient pas coupables du meurtre des 3 enfants albanais noyés dans la rivière. Il en résulta cependant que nous avons eu 4000 nouveaux réfugiés. Le village de Sinjare a été brûlé et les Serbes ne sont jamais retournés dans cet endroit où 100 maisons ont été incendiées. Ici, la KFOR n’a pas été efficace, ils ont seulement déplacés les Serbes des villages en direction de Mitrovica quand les villages étaient attaqués. Après ces événements, la MINUK a voulu tromper le monde en préparant une enquête policière qui a duré seulement 3 mois (appelé TOR) censée démasquer ceux qui avaient tués des Serbes. Cette enquête a conclu, dans le cas de mon père et dans de nombreux autres cas, qu’il n’y avait pas assez d’informations et que l’enquête devait se terminer. Ils m’ont envoyé une lettre où il était seulement écrit « l’enquête est close, le tueur n’a pas été retrouvé”.
Souvent et dans de nombreux meeting en Europe ou dans des centres de pouvoirs, les gens parlent des objectifs du Kosovo avant de parler des statuts, mais aucun objectif n’a été rempli. Maintenant on parle des statuts. Georges Bush donne la promesse d’un Kosovo indépendant et dit qu’il est pressé car les Albanais sont impatients. Cela signifie qui si vous êtes terroristes, les Américains vous donnent tout. Si vous essayez d’être une partie de la civilisation européenne, un peuple amical, vous ne pouvez rien avoir. J’espère que la Russie et l’UE qui rencontrent les mêmes problèmes dans certaines zones de leur territoire vont donner une voix et un soutien au peuple serbe au Conseil de Sécurité de l’ONU.

Quels sont vos projets futurs?

Mon opinion est que partout dans le monde la situation est mauvaise. D’un côté nous avons l’impérialisme américain qui essaie de nettoyer tous les rêves de liberté et donne aux vieux pays du monde l’ « American way of life ». D’un autre côté nous avons une croissance musulmane extrémiste et terroriste. Enfin, entre les deux, nous avons une Europe qui ne sait pas quoi faire et une Russie qui a conscience de cette situation mondiale. La Russie essaie de stopper ce processus dont tous les mécanismes mènent à une guerre mondiale. Je sais que l’Europe a un potentiel pour aider la Russie : elle doit améliorer son entente avec elle ainsi qu’avec la Serbie contre cette folie. Au sujet du Kosovo je me suis déjà exprimé. Si quelqu’un donne le Kosovo aux Albanais, nous ne le supporterons jamais. Nous préparons tout ce qui est nécessaire d’abord au niveau politique puis par d’autres moyens pour ramener le Kosovo à la Serbie et la Serbie en Europe. Pour que nous ayons enfin une Europe unie et forte, une famille européenne qui prendra son destin en main.

Quels sont tes projets personnels pour le Kosovo et la Serbie?

Dans un futur proche, je prépare un projet politique avec la création d’un parti: HSKS qui signifie « parti conservateur chrétien serbe ». Je veux respecter toutes les lois et contraintes administratives du Kosovo pour que ce parti politique ait une existence légale afin de lutter pour la liberté des Serbes. Nous avons encore beaucoup de travail mais nous préparons une communauté serbe forte pour obtenir la liberté de notre peuple, et nous avons de bonnes connections avec la Serbie. Nous n’acceptons pas d’être une minorité dans notre propre pays. Nous avons également des contacts et des soutiens de la part d’organisations européennes, et l’une d’entre elle est le Bloc Identitaire. Nous recevons de l’aide humanitaire pour les enclaves chaque année de la part de l’association Solidarité Kosovo. Je profite de cette interview pour remercier tous les Français qui nous soutiennent et qui nous aident. J’espère que ces soutiens vont se multiplier dans le futur et j’aimerais voir des gens venus de Belgique, d’Italie, d’Allemagne et de bien d’autres pays européens pour préparer des alliances politiques. Car je sais que ce qui nous arrive aujourd’hui arrivera peut être demain partout en Europe. Et si je me sens Serbe, je me sens également européen, la conquête de notre liberté ne se fera que par une entente européenne.

Propos recueillis et traduits pour Novopress par Arnaud Borella.

 

17.01.2007

Interview identitaire : Solène

Après l’interview de Rossel (voir) et de Bastien (voir), voici celle de Solène.

 

 

JI Grenoble : Bonjour Solène, tu es nouvellement adhérente aux JI. Comment nous as-tu connus ?

 

Solène : J’étais au congrès des Verts qui se tenait à Grenoble l’année dernière. J’étais venue poser des questions, discuter. Je croyais rencontrer des « Verts », je n’ai vu que des gardiens du dogme encroûtés dans la politique politicienne à la petite semaine. Il y avait aussi des JI Grenoble pour faire entendre une voix différente dans le cadre de l’écoloJI. J’ai trouvé en eux des gens sérieux et ouverts. Et voilà…

 

JI Grenoble : Et maintenant tu t’occupes plus particulièrement du département « EcoloJi » ?

 

Solène : tout à fait. En ce moment nous planchons sur le problème des « imposteurs endocriniens ». Nous essayons d’alerter l’opinion.

 

JI Grenoble : tu peux expliquer pour nos lecteurs ?

 

Solène : En deux mots : les messagers hormonaux pénètrent les cellules et agissent de manière à conditionner leur croissance, leur division, mais aussi le développement des organes sexuels, ainsi que celui du système nerveux ou immunitaire…  Aujourd’hui, des polluants chimiques prennent la place des messagers hormonaux et perturbent le développement des êtres vivants. On appelle ces polluants, qui se font passer pour des messagers hormonaux, des « imposteurs endocriniens ».

 

JI Grenoble : quelles sont les conséquences de cette pollution organique ?

 

Solène : elles son terribles chez l’homme comme chez les animaux. On observe un phénomène de féminisation de certaines espèces animales, de masculinisation de certaines autres. Le comportement maternel est altéré, le taux de testostérone diminue ainsi que le nombre de spermatozoïdes…

 

JI Grenoble : chez l’homme aussi ?

 

Solène : chez l’homme, comme chez les alligators, les ours, les poissons, les phoques ou les panthères…  Le professeur Charles Sultan du CHU de Montpellier a bien montré les dégâts que pouvaient faire les pesticides chez l’homme.

 

JI Grenoble : en fait la pollution chimique peut aussi modifier notre identité ?

 

Solène : oui, notre identité sexuelle, nos comportements les plus fondamentaux pour la survie de l’espèce. Etre Identitaire, c’est respecter le Vivant. Et inversement. Pour ceux que le problème des imposteurs endocriniens intéresse, voyez le rapport DETOX du WWF à l’adresse suivante :  http://www.wwf.fr/s_informer/nos_missions/modes_de_vie_du...

 

JI Grenoble : un autre conseil ?

 

Solène : oui : mangez bio !

16.12.2006

Interview Identitaire : cette semaine Bastien

JI Grenoble : bonjour Bastien, tu as lu l’interview de Rossel [voir cette interview en date du    08.12.06] : tu en as pensé quoi ?

Bastien : Bonjour à tous. Rossel est un ami de plusieurs années et il exprime un point de vue que je respecte. Rossel vient du milieu ouvrier, il a grandi dans une « cité sensible » et il sait par expérience ce que signifie se « battre » pour garder son identité : se battre vraiment, avec ses poings. Quand à moi, mes parents étaient enseignants et c’est davantage par solidarité avec notre peuple qui souffre que par nécessité que j’ai rejoint le mouvement identitaire. Nos expériences ont été différentes. Il est normal que notre sensibilité identitaire s’exprime différemment, sans s’exclure d’ailleurs.

JI Grenoble : en deux mots, comment qualifierais-tu ton engagement identitaire ?

Bastien : un engagement surhumaniste

JI Grenoble : précise

Bastien : l’humanisme classique considère ce qui est bien ou mal, vrai ou faux, blanc ou noir… Il n’a aucune relativité dans ses jugements et procure un indéniable confort moral et intellectuel. L’acceptation identitaire fait prendre très vite conscience de la diversité du monde, des cultures, des valeurs. En fait, il existe une multiplicité de « bien et de mal », de « vrai et de faux »…. Donc l’humanisme classique est un non sens. Quand on en a pris conscience, il faut être « surhumaniste » pour accepter un système de valeurs (une identité) tout en sachant que dans l’absolu celui-ci n’est ni meilleur, ni pire qu’un autre.

JI Grenoble : alors pourquoi le choisir ?

Bastien : parce que c’est le nôtre ! Dans l’absolu, ma personnalité n’est ni meilleure, ni pire que la tienne. D’accord ? Est-ce une raison pour que j’aliène ma propre personnalité pour endosser la tienne ? Je ne pense pas. L’identité, c’est la personnalité des peuples. Et il existe des systèmes pour laver le cerveau des peuples tout aussi bien que celui des individus. Il faut lutter contre ça.

JI Grenoble : tu es solidaire des autres identités ?

Bastien : Pour le moment nous n’avons pas les moyens de cette solidarité. Notre peuple européen risque de disparaître au cours de ce siècle. Nous sommes dans une situation d’urgence qui ne nous permet pas de nous occuper des autres. Néanmoins, nous sommes éthiquement solidaires de toutes les identités, dès lors que celles-ci nous respectent et acceptent que nous empruntions librement nos propres chemins.

JI Grenoble : Comment vois-tu l’avenir ?

Bastien : Je suis serein. J’ai confiance en mon peuple qui commence à se réveiller. Mais j’ai un peu peur aussi. L’Histoire nous apprend que notre peuple est patient longtemps, jusqu’au jour où il se déchaîne brutalement. Serons-nous alors assez nombreux et influents pour calmer sa fureur ?

JI Grenoble : pour finir, quelle est la principale différence entre Rossel et toi ?

Bastien : notre parcours. Rossel a compris son appartenance en prenant des coups. Il s’est pris son identité en pleine face. Moi je l’ai apprise en réagissant aux calomnies que subissait mon peuple.

08.12.2006

Interview Identitaire!

     Il est de bon ton de se dire de « droite » ou de « gauche ». Risquons une petite question impertinente : à droite ou à gauche de quoi ?  Petite réponse insolente : on est à gauche ou à droite par rapport à un même axe idéologique.

     Ce que nous contestons, en tant qu’Identitaires, ce n’est ni la « gauche », ni la « droite » en tant que tels : c’est l’axe idéologique de référence. Notre contestation est révolutionnaire en ce qu’elle se situe hors du système organisé par cet axe idéologique commun à tous les partis. Nous montrons qu’une autre ligne politiquement structurante est possible et que par rapport à celle-ci de nouvelles sensibilités peuvent s’exprimer librement.

     Les JI Grenoble encouragent le débat et la confrontation d’idées. La liberté de pensée, qu’on nous refuse, est l’un des moyens qui permet d’assurer la cohésion de notre groupe. Chez nous, il n’y a pas de politiquement correct. Pour illustrer la richesse de nos débats, nous vous proposons quelques interviews de militants grenoblois. Nous commençons par Rossel,  qui ne dissocie pas son combat identitaire du combat syndical.

JI Grenoble : Pourquoi ce pseudo de « Rossel » ?

Rossel : En souvenir de Louis Rossel, un Communard exécuté par les Versaillais.

JI Grenoble : Y a-t-il d’autres figures historiques auxquelles tu pourrais faire référence ?

Rossel : Oui, je pense notamment à Blanqui, à Proudhon, à Sorel, à Berth… à tous ces fondateurs bien éloignés de cet intellectualisme petit bourgeois qui engendra le marxisme et ses avatars lénino-trotskystes. Ils ont su comprendre les luttes ouvrières de leur temps.

JI Grenoble : Et tu estimes que ces luttes eurent un aspect identitaire ?

Rossel : Bien sûr ! Le système capitaliste apatride ne connaissait et ne reconnaissait que des individus (salaire individuel, contrat individuel de travail…) considérés déjà comme « interchangeables ». L’appartenance identitaire des travailleurs, niée dans la structure de production, avait moins d’importance que leur force de travail. Face au système capitaliste, les travailleurs vont affirmer leur appartenance à une « classe ». Cette classe, ils le proclameront, est dotée d’une « identité », d’une « conscience », d’une « culture ». Elle possède son hymne, son drapeau, son histoire, ses « mythes »… Edouard Berth pourra dire à juste titre que les travailleurs, exploités par un capitalisme apatride ayant confisqué la République, avaient trouvé dans la « classe » magnifiée une « nouvelle patrie ». Grâce à la classe sociale, les ouvriers ont alors reconquis une appartenance qui leur avait été enlevée. Face à l’arasement des cultures et au repli individualiste proposé par le capitalisme, la classe sociale a été un refuge identitaire, un dernier rempart dressé contre le cosmopolitisme bourgeois. Car le souvenir identitaire a longtemps hanté les travailleurs. On le verra en 1914 : des millions de prolétaires iront se faire trouer la peau pour une patrie qu’ils penseront avoir retrouvée. Désormais, sur le cadavre de la classe ouvrière, c’est l’Internationale marxiste, alliée objective de la multinationale capitaliste, qui pourra s’imposer.

JI Grenoble : Et aujourd’hui ?

Rossel : Aujourd’hui, nous retrouvons le type de confrontation qui a existé avant 1914.

D’un côté un système anarcho-libéral refusant de prendre en compte les appartenances et  utilisant l’immigration ainsi que les délocalisations (si tu ne viens pas à mon usine, mon usine ira à toi), pour justifier une nouvelle exploitation des travailleurs ; de l’autre une masse de travailleurs européens fragilisés qui reprend progressivement conscience de son identité. Le clash est inévitable.

 JI Grenoble : tu penses que le patronat a une responsabilité dans la situation que nous vivons aujourd’hui ?

 Rossel : Une responsabilité ? Une culpabilité plutôt. Je parle ici du grand patronat, des PDG des grandes structures, des financiers, des gros actionnaires : ce sont eux qui ont mis en oeuvre l’immigration massive pour exploiter une main d’œuvre bon marché et qui maintenant, cela ne leur suffisant plus, délocalisent leurs usines. Il faudra bien qu’ils rendent des comptes un jour !