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26.04.2008

La Patrie trahie par la République ...

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    J’ai tourné autour de ce thème comme un maître-chien mis en présence d’un colis piégé. Difficile de l’aborder de front sans qu’il vous explose à la figure. Il y a péril de mort civile. C’est pourtant l’interrogation capitale. J’ai hésité. D’autant plus qu’en 1973, en publiant Le Camp des saints, j’ai déjà à peu près tout dit là-dessus. Je n’ai pas grand-chose à ajouter, sinon que je crois que les carottes sont cuites.

    Car je suis persuadé que notre destin de Français est scellé, parce qu’« ils sont chez eux chez moi » (Mitterrand), au sein d’une « Europe dont les racines sont autant musulmanes que chrétiennes » (Chirac), parce que la situation est irréversible jusqu’au basculement définitif des années 2050 qui verra les « Français de souche » se compter seulement la moitié - la plus âgée - de la population du pays, le reste étant composé d’Africains, Maghrébins ou Noirs et d’Asiatiques de toutes provenances issus du réservoir inépuisable du tiers monde, avec forte dominante de l’islam, djihadistes et fondamentalistes compris, cette danse-là ne faisant que commencer(1).

La France n’est pas seule concernée. Toute l’Europe marche à la mort.

    Les avertissements ne manquent pas - rapport de l’ONU (qui s’en réjouit), travaux incontournables de Jean-Claude Chesnais et Jacques Dupâquier, notamment -, mais ils sont systématiquement occultés et l’Ined pousse à la désinformation. Le silence quasi sépulcral des médias, des gouvernements et des institutions communautaires sur le krach démographique de l’Europe des Quinze est l’un des phénomènes les plus sidérants de notre époque. Quand il y a une naissance dans ma famille ou chez mes amis, je ne puis regarder ce bébé de chez nous sans songer à ce qui se prépare pour lui dans l’incurie des « gouvernances » et qu’il lui faudra affronter dans son âge d’homme…

    Sans compter que les « Français de souche », matraqués par le tam-tam lancinant des droits de l’homme, de « l’accueil à l’autre », du « partage » cher à nos évêques, etc., encadrés par tout un arsenal répressif de lois dites « antiracistes », conditionnés dès la petite enfance au « métissage » culturel et comportemental, aux impératifs de la « France plurielle » et à toutes les dérives de l’antique charité chrétienne, n’auront plus d’autre ressource que de baisser les bras et de se fondre sans moufter dans le nouveau moule « citoyen » du Français de 2050.

Ne désespérons tout de même pas.

Assurément, il subsistera ce qu’on appelle en ethnologie des isolats, de puissantes minorités, peut-être une quinzaine de millions de Français - et pas nécessairement tous de race blanche - qui parleront encore notre langue dans son intégrité à peu près sauvée et s’obstineront à rester imprégnés de notre culture et de notre histoire telles qu’elles nous ont été transmises de génération en génération. Cela ne leur sera pas facile.

    Face aux différentes « communautés » qu’on voit se former dès aujourd’hui sur les ruines de l’intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c’est nous qu’on intègre à « l’autre », à présent, et plus le contraire) et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées, il s’agira en quelque sorte - je cherche un terme approprié - d’une communauté de la pérennité française. Celle-ci s’appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore.

    Cela ne plaira pas. Le clash surviendra un moment ou l’autre. Quelque chose comme l’élimination des koulaks par des moyens légaux appropriés. Et ensuite ?


    Ensuite la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l’ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d’une espèce à jamais disparue qui s’appelait l’espèce française et n’annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé. Il existe une seconde hypothèse que je ne saurais formuler autrement qu’en privé et qui nécessiterait auparavant que je consultasse mon avocat, c’est que les derniers isolats résistent jusqu’à s’engager dans une sorte de reconquista sans doute différente de l’espagnole mais s’inspirant des mêmes motifs. Il y aurait un roman périlleux à écrire là-dessus. Ce n’est pas moi qui m’en chargerai, j’ai déjà donné. Son auteur n’est probablement pas encore né, mais ce livre verra le jour à point nommé, j’en suis sûr…

    Ce que je ne parviens pas à comprendre et qui me plonge dans un abîme de perplexité navrée, c’est pourquoi et comment tant de Français avertis et tant d’hommes politiques français concourent sciemment, méthodiquement, je n’ose dire cyniquement, à l’immolation d’une certaine France (évitons le qualificatif d’éternelle qui révulse les belles consciences) sur l’autel de l’humanisme utopique exacerbé. Je me pose la même question à propos de toutes ces associations omniprésentes de droits à ceci, de droits à cela, et toutes ces ligues, ces sociétés de pensée, ces officines subventionnées, ces réseaux de manipulateurs infiltrés dans tous les rouages de l’Etat (éducation, magistrature, partis politiques, syndicats, etc.), ces pétitionnaires innombrables, ces médias correctement consensuels et tous ces « intelligents » qui jour après jour et impunément inoculent leur substance anesthésiante dans l’organisme encore sain de la nation française.

    Même si je peux, à la limite, les créditer d’une part de sincérité, il m’arrive d’avoir de la peine à admettre que ce sont mes compatriotes. Je sens poindre le mot renégat, mais il y a une autre explication : ils confondent la France avec la République. Les « valeurs républicaines » se déclinent à l’infini, on le sait jusqu’à la satiété, mais sans jamais de référence à la France. Or la France est d’abord une patrie charnelle. En revanche, la République, qui n’est qu’une forme de gouvernement, est synonyme pour eux d’idéologie, idéologie avec un grand « I », l’idéologie majeure. Il me semble, en quelque sorte, qu’ils trahissent la première pour la seconde.

    Parmi le flot de références que j’accumule en épais dossiers à l’appui de ce bilan, en voici une qui sous des dehors bon enfant éclaire bien l’étendue des dégâts. Elle est extraite d’un discours de Laurent Fabius au congrès socialiste de Dijon, le 17 mai 2003 : « Quand la Marianne de nos mairies prendra le beau visage d’une jeune Française issue de l’immigration, ce jour-là la France aura franchi un pas en faisant vivre pleinement les valeurs de la République… » Puisque nous en sommes aux citations, en voici deux, pour conclure : « Aucun nombre de bombes atomiques ne pourra endiguer le raz de marée constitué par les millions d’êtres humains qui partiront un jour de la partie méridionale et pauvre du monde, pour faire irruption dans les espaces relativement ouverts du riche hémisphère septentrional, en quête de survie.  (Président Boumediene, mars 1974.) Et celle-là, tirée du XXe chant de l’Apocalypse : « Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des saints et la ville bien-aimée »

 

 Par Jean Raspail .

Commentaires

Merci aux JI Grenoble d'avoir repris ce texte si bien écrit et si proche de ce que je ressens, mais que je serai bien incapable de transmettre par écrit.
Merci Jean Raspail !

Ecrit par : oriane | 26.04.2008

Très bon article mais c'est moi ou sur l'image vous avez mis la Haute-Savoie sous le drapeau de la Suisse et la Savoie sous le Dauphiné ?

En fait y'a pas deux Savoies, y'en a qu'une grande ;)

Ecrit par : Savoyard | 26.04.2008

Non, c'es bien une erreur!

De même le drapeau de la Bretagne n'est pas bon non plus.

Il existe une autre carte, plus juste, essayez de la trouver!

Ecrit par : FDS | 26.04.2008

La république est une garce, n'oublis pas de la b... jusqu'à l'épuiser !

La république à tuer la France. Elle a commencé par tuer nos régions, elle à jouer sur un pseudo patriotisme pour nous emmener en guerre contre nos frères européens en nous disant "allez y, allez mourir une baillonette entre les cotes, c'est pour la France". nos anciens se sont entretués pour la république qui aujourd'hui trahie leurs arrières petits enfants, Nous ! La France était déjà morte depuis bien longtemps, depuis que la république l'avait remplacé. "Etre français c'est respecter les valeurs de la république". Et aujourd'hui malheureusement, de la LCR au Front national, tout le monde est dans cette idée là.

Ceux qui veulent sauver la France en sauvant la république font erreur car ils veulent sauver la cause qui a entrainé cette destruction.

Cette carte est là pour rapeller que nous sommes Français parceque nous appartenons à une région de France. C'est l'union de ces régions en une entité plus grande et plus forte (garante de la liberté de toutes nos régions) qui a donné la France. Et de la même manière nous sommes Européens parceque Français, et l'Europe de demain verra le jours par l'union de nos pays afin de faire face aux problèmes que chaque pays indépendant ne peut résoudre. L'union fait la force, l'uniformisation crait l'eclatement par réaction opposé.

Europe-Nation-Région-Famille: un de ces maillons cassé et la chaine s'écroule.

Ecrit par : Jolan | 26.04.2008

Elle est très bien cette carte. Je crois que savoyard prend le briançonnais pour la savoie ^^)

Par contre, le Nord de l'Yonne n'est pas en Bourgogne et le sud-est de l'Orne n'est pas en Normandie. Si on veut refaire les anciennes provinces, il faut faire ça bien...

Ecrit par : PLV | 26.04.2008

non j'te jure y'a une erreur...
Sinon, je pense qu'on ne peut pas trop blamer les Révolutionnaires de 1789 car, en étant pris dans le feu de l'action et l'urgence de cette époque, ils n'ont sans doute pas réalisé ce qui allait se passer. Et puis leur demander de se projeter 200 ans plus tard, dans un monde totalement différent est sans doute compliqué nan ?

Par contre, il faut (on doit) faire des reproches à ceux qui se revendiquent de ces révolutionnaires !

Ecrit par : Savoyard | 27.04.2008

On ne blâme pas le paysan qui s'est revolté contre un pouvoir unique et totalitaire (à l'opposé totale de l'esprit européen de liberté) mais bien contre ceux qui ont récupérés le nouveau pouvoir pour en faire ce que l'on en sait aujourd'hui.
Ce sont ces personnes qui ont posé les premieres graines de lierre qui nous étouffe aujourd'hui. La France patrie des droits de l'homme, l'égalitarisme, la negation de l'identité regional etc. Ce qui se passe 200 ans plus tard n'est que la suite logique de cette révolution dévié et récupéré par des identicides.

Ecrit par : Jolan | 27.04.2008

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