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01.09.2007

Konrad Lorenz, Les huit péchés capitaux de notre civilisation

307ff4636542428d3dada2a5b132c06c.jpgAuteur : Konrad Lorenz

Titre de l’ouvrage : Les huit péchés capitaux de notre civilisation

Date de parution, éditeur, nombre de pages : 1973, Édition Ex Libris, 165 pages

Sujet : Huit menaces majeures pèsent sur l’avenir de l’humanité, celles-ci ont été créées par la civilisation occidentale. Le psychologue qu’est Konrad Lorenz s’attache à les décrire et à déterminer leur cause dans cet ouvrage.

Résumé :

Le progrès technologique est responsable indirectement de bon nombre de ces menaces. Celui-ci est capable de satisfaire de plus en plus vite de plus en plus nombreux besoin de l’homme de manière trop facile, ce qui par exemple engendre l’amollissement. Le confort dans lequel se vautrent les citadins occidentaux en est la cause.

La surexploitation des ressources naturelles et la dévastation de la nature sont également citées, car outre les menaces évidentes sur la pérennité qu’elles font pesées sur la vie humaine elles font perdre à l’homme tout respect de la beauté et de la grandeur d’une création qui le dépasse.

On aurait pu croire que le surpeuplement de la terre engendrerait un rapprochement entre les être humains. En réalité, il a pour conséquence de forcer les gens à s’isoler tant les capacités sociales des gens sont trop sollicitées. D’autre part, l’agressivité est à son comble entre les gens qui se marchent dessus dans les grands centres urbains.

La compétition entre les hommes, cette course contre eux-mêmes induites par notre modèle économique, empêche les hommes d’être attentifs aux valeurs véritables et les prive de la réflexion. Ce qui les mène à la déshumanisation.

Konrad Lorenz estime également qu’il n’existe aujourd’hui plus aucune forme de sélection ce qui entraine une dégradation génétique et l’apparition de plus en plus de parasites sociaux.

Autre grave problème, la rupture des traditions, les jeunes générations n’arrivent plus à s’identifier à celles qui les ont précédés et une sorte de « néophilie » (attirance pour tout ce qui est nouveau) a prit la place de l’héritage. Il en voit la cause dans la diminution des contacts entre parents et enfants.

L’augmentation des moyens pour diffuser l’information et l’augmentation du nombre d’hommes rassemblés en un groupe culturel permettent d’influencer l’opinion publique et de créer l’uniformité des vues. Manipuler des foules devient alors très faciles pour celui qui tient dans sa main les mass-médias et des thèses fausses et dangereuses peuvent être disséminées dans la population. Le Meilleur des mondes n’est pas loin.

Le dernier danger dont parle Konrad Lorenz dans son livre est le conflit nucléaire, pourtant celui-ci semble le moins probable et le plus facile à éviter parmi les autres précités.

Ces phénomènes de déshumanisation, dont nous avons parlé du premier au septième chapitre, sont favorisés par une doctrine pseudo-démocratique qui affirme que le comportement social et moral de l’homme n’est absolument pas déterminé par l’évolution phylogénétique de son système nerveux ou de ses organes sensoriels, mais qu’il est uniquement influencé par le « conditionnement » qu’il a subi au cours de son ontogenèse du fait de son environnement culturel.

Citation(s) :

Il faut avoir demandé l’hospitalité dans une région peu peuplée, où plusieurs kilomètres de mauvaise route séparent les voisins les uns des autres, pour mesurer combien l’être humain est hospitalier et capable de sympathiser avec autrui, lorsque ses facultés de contact ne sont pas perpétuellement sollicitées à l’excès.

Comparons, d’un œil critique, le centre ancien de n’importe quelle ville d’Allemagne, avec sa banlieue moderne qui prolifère honteusement à travers la campagne alentour, ou bien avec des localités encore épargnées. Comparons ensuite la coupe histologique d’un tissu organique sain, avec celle d’une tumeur maligne. On trouvera d’étonnantes analogies !

L’estimation à sa juste valeur d’un homme normal exige, de plein droit, l’affirmation de son individualité. De par sa phylogénèse, il n’est pas fait, comme le termite ou la fourmi, pour pouvoir supporter d’être réduit à un élément anonyme et parfaitement interchangeable, parmi des millions d’individus rigoureusement identiques.

L’une des pires conséquences de l’agitation, nourrie par l’angoisse, est l’incapacité manifeste des hommes modernes à rester seuls en face d’eux-mêmes, ne serait-ce qu’un seul moment.

Cet amour de la nouveauté ou « néophilie », affecte à peu près tous les rapports avec le monde extérieur dont l’homme est capable. Pour ceux qui sont atteints par cette maladie culturelle, une paire de soulier, un costume, une voiture perdent complètement leur attrait en peu de temps d’usage, exactement comment la personne aimée, l’ami ou même la patrie.

Sans cette hiérarchie, la forme la plus naturelle d’amour humain, celle qui unit normalement les membres d’une famille, n’existerait même pas. Des milliers d’enfants sont devenus de malheureux névrosés, du fait de la célèbre éducation « anti-autoritaire » destinée à éviter les frustrations.

C’est une vérité éthique incontestable que tous les hommes ont droit aux mêmes possibilités de développement. Mais on commet fréquemment l’erreur de fausser cette vérité, en disant que tous les hommes sont virtuellement égaux. La théorie du béhaviorisme va plus loin, en affirmant que tous les hommes deviendraient égaux, s’ils pouvaient se développer dans les mêmes conditions extérieures, et qu’ils deviendraient des hommes idéals si les conditions étaient idéales. Ainsi les hommes ne peuvent pas, ou plutôt ne doivent plus posséder des qualités héréditaires, aucune surtout de nature à déterminer leur comportement ou leurs besoins sociaux.

Appréciation personnelle :

Ce livre est une traduction de l’allemand, ce qui n’empêche pas son style d’être tout à agréable et rapide à lire. On aurait pu s’attendre à un livre compliqué de la part d’un zoologue et biologiste qui reçu le prix Nobel de médecine en 1973, il n’en est rien. Outre quelques mots qui demanderont la présence d’un dictionnaire à vos cotés, le livre est parfaitement compréhensible même pour les profanes.

Cet ouvrage est une lourde charge contre notre monde moderne dotée d’une hauteur de vue exceptionnelle. Bien sûr, à la liste des péchés capitaux énumérés par Konrad Lorenz, les Identitaires en rajouteraient quelques-uns, mais ils n’en retireraient certainement aucun et la lecture de ce livre est très vivement conseillée !

 Jean-David

Commentaires

Excellent livre effectivement.

On pourra développer une réflexion intéressante, également, en se reportant aux ouvrages de Lorenz sur l'origine génétique de certains comportements.

L'agressivité, le sens du territoire ? Vous trouverez la réponse dans le paleocortex de chaque individu !

Mais quand l'on sait que de tels comportements, nécessaires aux développement des cultures (la défense des siens encourage le développement, la lutte contre l'ennemi développe le sens de la concurence, donc de la perfectibilité...) sont réprimés dans nos sociétés occidentales, on peut craindre un effondrement général du niveau de civilisation... auquel nous assistons d'ailleurs déjà.

Le seul homme sain est l'homme apte au combat, et l'esprit de conquête propre aux sociétés européennes (sans doute encouragé par une sélection radicale des individus durant nos lointaines origines) n'était pas étranger à notre capacité créatrice...

Salutations militantes.

Ecrit par : Metanoïa | 01.09.2007

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